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Peggy&Freddy

Acte II

La vision, la bague, l’enquête… et les trois gros flops

Ou comment Peggy a découvert qu’il était très compliqué d’attendre une demande en mariage quand on sait qu’une bague Mauboussin se promène quelque part…


12 minutes de lecture

Les années ont passé.

La fameuse bague Victoria de 2017 est devenue une légende familiale, un sujet de plaisanterie que les amis ressortent régulièrement à Freddy, mais curieusement, le mariage et les fiançailles ne sont jamais réellement revenus sur la table.

Peggy et Freddy construisent leur vie.

Ils traversent les années, les bons moments, les moins bons, les projets, les galères, les souvenirs.

Et 2026 arrive.

Une année un peu particulière.

Le 15 juillet 2026, Peggy fête ses 50 ans.

Et quelques semaines plus tard, le 10 août, Peggy et Freddy célèbrent leurs dix années d’amour.

Dix ans.

Un demi-siècle pour l’une.

Autant dire que, si un homme cherchait deux dates symboliques pour organiser quelque chose d’important, il avait l’embarras du choix.

Mais à ce moment-là, Peggy ne se doute encore de rien.

Enfin…

Presque rien.

21 juin 2026

La vision


Ce jour-là, Peggy fait ses carreaux.

Oui.

Encore une fois, les grands moments de sa vie semblent avoir une étrange tendance à se produire lorsqu’elle effectue des tâches ménagères.

En 2017, la bague était arrivée pendant la vaisselle.

En 2026, ce sera en nettoyant les vitres.

Peggy est accroupie lorsqu’elle est soudainement saisie par quelque chose qu’elle ne s’explique pas.

Une image.

Mais pas une simple pensée.

Pas une rêverie.

Pas une imagination qui vagabonde.

Une vision.

Courte.

Très courte.

Mais incroyablement nette.

Elle voit Freddy.

Il est habillé en marié.

Un costume sombre, peut-être bleu marine.

Une boutonnière.

Elle distingue également une mariée.

Curieusement, Peggy ne se voit pas elle-même.

Il y a un prêtre.

Derrière eux, un paysage verdoyant.

Tout ressemble indiscutablement à un mariage.

Freddy se marie.

Et puis une phrase lui vient.

Comme une petite voix intérieure.

Quelques mots qui, eux, n’ont absolument rien de romantique :

« Profite de cette journée, car la maladie rôde. »

La vision disparaît.

Peggy se redresse immédiatement.

Elle est abasourdie.

Presque effrayée.

Ce genre de chose ne lui est jamais arrivé de sa vie.

Elle ne reste donc pas seule avec cette sensation étrange et monte aussitôt dans le bureau de Freddy.

Elle lui raconte tout.

Le costume.

La boutonnière.

La mariée.

Le prêtre.

Le paysage verdoyant.

Et cette phrase inquiétante.

Freddy l’écoute.

Plus tard, lorsque Marine rentre du travail, Freddy lui raconte à son tour l’étrange anecdote.

Et Peggy remarque quelque chose.

Marine semble particulièrement attentive à cette histoire.

Sur le moment, elle n’y prête pas davantage attention.

Pourquoi l’aurait-elle fait ?

Peggy reste simplement très marquée par ce qu’elle vient de vivre.

Elle ignore encore à quel point cette vision prendra, quelques semaines plus tard, une saveur absolument incroyable.

Puis Mauboussin entre dans l’histoire…


Quelques semaines passent.

C’est l’été.

Il fait particulièrement chaud et, un samedi, Peggy et Freddy décident d’aller chez Boulanger acheter un vidéoprojecteur afin de pouvoir suivre les matchs dehors.

Ils font leur achat et reprennent la route.

Et c’est là que…

le téléphone de Freddy sonne.

Il décroche.

Peggy est assise juste à côté de lui dans la voiture.

À l’autre bout du fil, une voix de femme annonce très distinctement :

« Bijouterie de Grenoble, je vous appelle Monsieur Hureau pour votre bague Mauboussin… »

Silence.

Freddy comprend immédiatement qu’il y a un problème.

Un très gros problème.

Il tente de couper court à la conversation.

Quelques mots rapides.

Et il raccroche.

Dans la voiture…

grand blanc.

Freddy regarde la route.

Peggy regarde probablement Freddy.

Freddy sait que Peggy a entendu.

Peggy sait que Freddy sait qu’elle a entendu.

Et Freddy finit par poser LA question :

« Qu’est-ce que tu as compris de cet appel ? »

Question assez audacieuse.

Car à moins d’imaginer que Peggy venait mystérieusement de perdre l’ouïe pendant trente secondes, il était difficile de ne pas comprendre les mots :

2018

BIJOUTERIE – BAGUE – MAUBOUSSIN – MONSIEUR HUREAU.

Peggy lui répète donc exactement ce qu’elle a entendu.

Freddy demande alors :

« Tu veux qu’on en parle ? »

Et là, Peggy prend son petit air digne.

Très digne.

Peut-être même légèrement théâtral.

Et lui répond :

« Non. Ce n’est pas nécessaire. Tu sais qu’entre toi et moi, une bague n’a pas la même signification. Donc je ne t’en parlerai pas. »

Rideau.

Freddy n’insiste pas.

Enfin…

Pas tout de suite.

Parce qu’une fois arrivé à la maison, visiblement tracassé par l’affaire, il revient à la charge :

« Tu veux qu’on en reparle ? »

Peggy maintient sa position.

« Non. Si tu as décidé de ne pas m’en parler, c’est qu’il y a une raison. Je te laisse faire. Si tu as besoin de m’en parler, tu le feras. »

Très belle réponse.

Très adulte.

Très respectueuse.

Le seul problème…

c’est que dans la tête de Peggy, à cet instant précis, un gigantesque scénario vient de démarrer.

Une bague Mauboussin.

Pour Freddy.

À quelques semaines de ses 50 ans.

À quelques semaines de leurs dix ans.

Soyons sérieux.

ÇA SENT LA DEMANDE EN MARIAGE.

Opération : faire parler les enfants


Peggy vient donc d’expliquer très dignement à Freddy qu’elle ne posera aucune question.

Ce qui, dans son esprit, signifie apparemment :

aucune question à Freddy.

Pour les autres membres de la famille, en revanche, le règlement est beaucoup plus souple.

Le soir même, Peggy commence par Marine.

Après tout, Marine vit à la maison, connaît Freddy, connaît les enfants et semble, depuis cette fameuse vision du 21 juin, étrangement attentive à tout ce qui touche au mariage.

Peggy décide donc de la cuisiner.

Gentiment.

Discrètement.

Enfin… aussi discrètement que Peggy peut l’être lorsqu’elle veut absolument savoir quelque chose.

Elle évoque la bijouterie.

La bague.

Mauboussin.

Elle tente quelques questions.

Marine comprend immédiatement le danger.

Et adopte une stratégie remarquable :

elle ne sait rien.

Enfin…

Elle fait semblant de ne rien savoir.

Elle répond vaguement.

Elle ne confirme rien.

Elle ne dément rien.

Elle prend l’air de quelqu’un qui découvre presque l’existence de Mauboussin à l’instant même.

Une actrice.

Pas un indice.

Pas un regard de trop.

Pas un sourire suspect.

Circulez, Madame, il n’y a rien à voir.

Peggy ressort de cette conversation avec exactement autant d’informations qu’au départ.

C’est-à-dire aucune.

Mais elle ne renonce pas.

Quelques jours plus tard, elle décide de s’attaquer à quelqu’un qui, normalement, ne devrait pas pouvoir lui résister :

2018

son propre fils, Vivaldy.

Et cette fois, Peggy sort l’arme absolue.

La culpabilité maternelle.

Après tout…

Elle est sa mère.

Elle l’a toujours aimé.

Elle l’a porté.

Elle l’a nourri.

Elle s’est occupée de lui lorsqu’il était malade.

Elle l’a accompagné pendant toutes les étapes de sa vie.

Et surtout…

argument ultime :

elle lui a nettoyé les fesses.

Alors quand même !

Après tout ce qu’une mère fait pour son fils, on pourrait raisonnablement penser qu’elle a gagné le droit, vingt-cinq ans plus tard, à une petite information sur une bague Mauboussin.

Peggy tente donc l’approche.

« Quand même, Vivaldy… Je suis ta maman ! Je t’ai toujours aimé, je me suis occupée de toi, je t’ai élevé… Je t’ai même nettoyé les fesses ! »

Sous-entendu évident :

« Maintenant, parle. »

Vivaldy se retrouve légèrement coincé.

Il est mal à l’aise.

Très mal à l’aise.

Il sait exactement où sa mère veut en venir.

Mais le garçon tient bon.

Et au lieu de céder devant vingt-cinq années d’amour maternel et quelques milliers de couches changées, il finit par répondre :

« Écoute… moi, je ne me mets pas entre vous. Vous vous débrouillez entre vous. »

Pardon ?

Super, le garçon.

Vingt-cinq ans d’investissement.

Des nuits blanches.

Des maladies.

Des repas.

Des lessives.

Des anniversaires.

Et surtout, rappelons-le :

DES FESSES NETTOYÉES.

Pour arriver finalement à :

« Débrouillez-vous entre vous. »

Très bien.

Merci Vivaldy.

La reconnaissance des enfants est une chose absolument magnifique.

À cet instant, Peggy ne le sait évidemment pas, mais Marine et Vivaldy viennent tous les deux de réussir brillamment leur première mission :

ne surtout rien dire à Peggy.

Et plus elle essaie de faire parler son entourage…

plus son entourage devient étrangement muet.

Premier flop : les 50 ans


Peggy ne dit rien.

Elle attend.

Le 15 juillet 2026, elle fête ses 50 ans.

Et, mieux encore, ils sont au lac de Côme.

Le décor est parfait.

L’Italie.

Le lac.

Les montagnes.

Des paysages magnifiques.

Des terrasses sublimes.

Des vues romantiques à faire pâlir n’importe quelle publicité pour une bague Mauboussin.

Peggy profite de son anniversaire…

Mais quelque part, dans un petit coin de son cerveau, une pensée subsiste :

« C’est aujourd’hui. »

Peut-être ce soir.

Peut-être au restaurant.

Peut-être face au lac.

Peut-être au coucher du soleil.

Le décor est tellement parfait qu’il faudrait presque faire exprès pour ne pas demander quelqu’un en mariage ici.

La journée passe.

La soirée passe.

Le lac est toujours magnifique.

Freddy est toujours Freddy.

Et la bague…

n’apparaît pas.

Premier flop.

Bon.

Ce n’était donc pas pour ses 50 ans.

Pas grave.

Après tout…

Une autre date approche.

Et quelle date !

Deuxième flop : leurs dix ans


Le 10 août 2026, Peggy et Freddy célèbrent leurs dix années de relation.

Cette fois-ci, Peggy en est presque certaine.

Freddy a prévu de l’emmener dans un restaurant étoilé.

La soirée commence merveilleusement bien.

Sur le trajet, elle lui offre même une chanson créée spécialement pour lui.

Ils l’écoutent en boucle dans la voiture.

C’est romantique.

Touchant.

Le décor se met doucement en place.

Arrivés au restaurant, tout semble parfait.

Le lieu.

La vue.

L’ambiance.

Les fleurs.

Dix ans d’amour.

Une chanson.

Un restaurant étoilé.

Et quelque part, Peggy sait qu’une bague Mauboussin existe.

Dans sa tête, il n’y a plus beaucoup de suspense.

Elle pense :

« Au dessert. »

Évidemment.

Ce sera au dessert.

L’entrée passe.

Pas de bague.

Normal.

Le plat passe.

Toujours rien.

Évidemment.

Il attend le bon moment.

Puis vient le dessert.

Peggy observe probablement chaque mouvement de Freddy avec la discrétion d’un agent de la DGSI en opération.

Le dessert arrive.

Et un simple « joyeux anniversaire marqué sur l’assiette avec une petite bougie…

Sinon Rien.

Toujours rien.

Pas de coffret.

Pas de genou à terre.

Pas de Mauboussin.

Deuxième flop.

Alors là…

Ça devient curieux.

Troisième flop : la sortie de l’église


Le 15 août, jour de la Sainte-Marie, Freddy propose à Peggy d’aller à la messe.

Il pense à sa maman et dit qu’il aimerait aller à l’église.

Peggy l’accompagne.

Et évidemment…

le cerveau de Peggy redémarre.

Une église.

Le 15 août.

Une belle journée.

Un paysage magnifique.

Une atmosphère particulière.

Et cette fameuse vision du 21 juin où elle avait justement aperçu…

un prêtre.

Peggy commence donc à assembler les pièces du puzzle.

Ah…

Mais oui…

Bien sûr…

Il va le faire à la sortie de l’église le jour de la sainte Marie, en hommage à sa maman…

2019

Et pour être tout à fait honnête, à ce stade, Freddy pouvait probablement simplement se pencher pour refaire son lacet et Peggy aurait déjà commencé à tendre la main gauche.

La messe se termine.

Ils sortent.

Le soleil brille.

Le cadre est parfait.

Freddy avance.

Peggy attend.

Et…

Rien.

Troisième flop.

Trois occasions magnifiques.

Trois certitudes.

Trois magnifiques gamelles sentimentales monumentales !

Les 50 ans : rien.

Les dix ans : rien.

L’église : rien.

Été 2026

Trois occasions parfaites


15 juillet 2026

Les 50 ans de Peggy

Lac de Côme, Italie

Un décor parfait. Un coucher de soleil. Rien.

Sans suite

10 août 2026

Leurs dix ans

Restaurant étoilé

Une chanson, des fleurs, un dessert. Et une bougie.

Sans suite

15 août 2026

La Sainte-Marie

Sortie de l’église

Un prêtre, comme dans la vision. Toujours rien.

Sans suite

À ce stade, une nouvelle hypothèse commence malheureusement à traverser l’esprit de Peggy.

Et si…

la bague n’était pas pour elle ?

Peggy mène l’enquête


Parce qu’après tout, rappelons les faits.

Elle n’a jamais vu cette bague.

Elle n’a jamais vu de facture.

Elle a simplement entendu :

« Bijouterie de Grenoble… Monsieur Hureau… votre bague Mauboussin… »

Alors Peggy décide d’aller directement à la source.

La bijouterie de Grenoble.

Elle appelle.

Freddy est effectivement connu chez eux.

Son adresse est retrouvée.

Cela commence plutôt bien.

Peggy tente d’obtenir quelques informations supplémentaires.

Mais évidemment, secret professionnel oblige, personne ne va lui raconter les achats de Monsieur Hureau.

Dans l’après-midi, elle reçoit même un SMS lui confirmant qu’aucune information concernant un client Mauboussin ne peut lui être communiquée.

Merde.

La supercherie n’a pas fonctionné.

L’enquêtrice Peggy vient de se faire recaler dès le premier interrogatoire.

Et là, une autre pensée lui traverse l’esprit.

Et si Freddy apprenait qu’elle avait appelé ?

Peggy n’aime pas lui cacher des choses.

Même lorsqu’elle vient précisément de tenter d’obtenir en douce des renseignements sur sa bague.

Elle décide donc qu’elle va lui dire la vérité.

Le soir même.

Elle attend que Freddy soit tranquillement couché.

Paisible.

Sagement installé dans le lit.

Le moment idéal, donc, pour lui annoncer :

« J’ai quelque chose d’important à te dire. Et je pense que ça ne va pas te faire plaisir. »

Freddy se redresse immédiatement.

Il attrape une cigarette.

Son regard devient inquiet.

Très inquiet.

Peggy, elle, cherche simplement la meilleure façon de lui expliquer ce qu’elle a fait sans le froisser.

Elle réfléchit.

Elle hésite.

Quelques secondes passent.

Freddy commence à perdre patience.

« Mais dis-moi ! Qu’est-ce que tu as fait ? »

Peggy le regarde.

« Eh oh ! Calme-toi deux secondes ! Je réfléchis juste à la façon dont je vais te le dire ! »

Seulement, pendant que Peggy cherche ses mots…

Freddy, lui, est parti dans un tout autre scénario.

À la voir hésiter ainsi, il imagine qu’elle a peut-être fait une grosse bêtise.

Ou pire.

Il se demande même si cela ne concerne pas…

un autre homme.

Pendant quelques secondes, chacun se retrouve donc dans son propre film catastrophe.

Freddy pense probablement :

« Mais qu’est-ce qu’elle va m’avouer ? »

Peggy, elle, pense simplement :

« Comment je vais lui expliquer que j’ai appelé la bijouterie sans qu’il se vexe ? »

Finalement, elle se lance.

« J’ai appelé la bijouterie de Grenoble. »

Freddy la regarde.

Peggy lui explique qu’ils ont retrouvé son nom, son adresse, qu’elle a tenté d’obtenir davantage d’informations et qu’elle attendait éventuellement un retour.

2019

Puis elle finit par lui dire ce qui la travaille réellement.

« Peut-être que cette bague n’est tout simplement pas destinée à moi. Alors si tu veux m’en parler, tu peux. »

Freddy la regarde.

Et il se met à rire.

Presque amusé par l’idée.

« Mais pourquoi j’offrirais une bague à une autre femme ? »

Peggy, elle, ne trouve pas cette hypothèse si absurde.

Après tout, elle a suffisamment vu de choses dans sa vie.

Et notamment au cours de ses années en politique.

Elle sait que les apparences peuvent parfois être trompeuses.

Elle sait que certains hommes savent parfaitement sourire, jouer les compagnons irréprochables…

tout en ayant une histoire cachée quelque part.

Elle lui répond donc qu’elle a suffisamment vu l’hypocrisie masculine pour savoir qu’une femme peut très bien exister dans l’ombre sans que personne ne s’en doute.

Freddy ricane.

Puis répond simplement :

« Il n’y a pas d’autre femme. »

Et c’est tout.

Pas une explication supplémentaire.

Pas un mot sur la bague.

Pas un indice.

Pas une date.

Pas un :

« Oui, elle est pour toi. »

Pas un :

« Non, tu te fais des films. »

Rien.

Mur de silence.

Freddy retourne dans sa forteresse.

Et Peggy reste exactement là où elle en était avant cette conversation.

Avec ses certitudes.

Ses doutes.

Ses suppositions.

Et surtout…

une bague Mauboussin quelque part dans la nature.

La seule chose qu’elle sait désormais avec certitude, c’est qu’il n’y aurait pas de maîtresse cachée.

Ce qui, reconnaissons-le, est déjà plutôt rassurant.

Mais pour le reste…

mystère total.

Il reste Damien, le sauveur…


Peggy a tenté Marine.

Échec.

Vivaldy.

Échec.

La bijouterie.

Échec.

Freddy lui-même.

Mur de silence.

Il ne lui reste donc plus qu’une personne.

Damien.

Damien doit prochainement aller pêcher avec Freddy.

Le plan est simple.

Damien devra subtilement aborder le sujet.

Faire parler Freddy.

Comprendre cette histoire de bague.

Puis revenir faire son rapport à Peggy.

Un espion infiltré.

Un homme de confiance.

Une mission d’une importance capitale.

Tout est prévu.

Enfin…

C’est du moins ce que Peggy croit.

18 août 2026

L’exposition dont tout le monde semble étrangement passionné


Damien, Margaux et les enfants passent quelques jours de vacances à Chindrieux.

Ce soir-là, Peggy rentre du travail.

Sur la table, elle découvre un papier glacé.

Il annonce un vernissage, prévu le vendredi 21 août, à l’école maternelle de Chindrieux.

Un photographe — dont nous tairons encore le nom — y présente des photographies de paysages et de voyages.

Peggy regarde rapidement l’invitation.

Le plus drôle, c’est que dans cette maison, s’il y a bien quelqu’un qui aime la photographie…

c’est Peggy.

Et visiblement, ce soir-là…

elle s’en fiche complètement.

Elle prend donc le carton.

Direction :

la poubelle.

Quelques heures plus tard, Damien demande innocemment :

« Il n’y avait pas un papier sur la table pour un vernissage ? »

Peggy répond tranquillement :

« Si. Je l’ai mis à la poubelle. »

Et là, contre toute attente, Damien se découvre soudainement une passion dévorante pour la photographie de paysage.

« Mais attends ! On est en vacances, c’est juste à côté… Moi, ça m’intéresse, j’aimerais bien y aller ! »

Et puis ça fera vivre un peu le village, il ne se passe jamais rien ici ! »

Argument imparable.

Soutenons la culture locale.

Sauvons les vernissages de Chindrieux.

Fin de l’acte II

La suite s’écrit encore.

Le prochain chapitre paraîtra ici.

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